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POLEMIQUE AUTOUR DU FONDS D’AIDE A LA CULTURE

POLEMIQUE AUTOUR DU FONDS D’AIDE A LA CULTURE

By In ACTUALITES, LES NOUVELLES DE PARTENARI'ARTS On avril 13, 2016


Idrissou-Mora-Kpai_05 milliards de Francs CFA (c’est environ 8 millions d’euros) …

« Je n’arrive pas à croire qu’une somme aussi importante soit dilapidée par une bande de voyous, sans que rien ne soit entrepris pour leur demander des comptes.

Je suis révolté, parce que je considère les grandissantes difficultés de création, les très nombreux obstacles auxquels nous sommes confrontés entant que artistes Africains. Je considère nos combats pour récolter des fonds à l’étranger, des miettes, parfois à la limite de la mendicité.

Pour vous donner une idée de l’importance du fonds dilapidé, sans qu’aucune œuvre digne du nom ne voit le jour :

Le Fonds Images Francophones que vous connaissez tous et qui a permis à un grand nombre de réalisateurs africains de faire des films, a un budget annuel de 900 000 euros

Sundance Institut aux Etats-Unis, sans laquelle un grand nombre de films indépendants américains et internationaux n’auraient jamais été réalisé, à un budget annuel de 3 millions de dollars.

Le Fonds Images du Monde du gouvernement français qui finance les réalisateurs du monde entier, dont les africains, a un budget de 6 millions d’euros.

Le World Cinema Fund du festival de Berlin finance aussi des projets du monde entier avec un budget de 350 000 euros.

La raison pour laquelle les africains sont absents dans la liste des projets financés par ces différents fonds est le fait que nous n’avons pas le soutien de nos pays. J’en ai parlé dans une interview que j’ai accordée aux journalistes de notre pays. Le premier fonds obtenu par un projet, détermine ses chances de voir le jour. Les pays qui l’ont compris ont connu des avancées notables dans le domaine cinématographique.

On ne peut pas débloquer des fonds pour un projet dont on ne sait que l’auteur est en mesure de mener à terme.

En conclusion, le Fonds d’Aide à la Culture de notre pays a servi de subsistance à un petit groupe de rusés. Nous avons le devoir de leur demander des comptes. »


Idrissou Mora Kpai est un cinéaste béninois, diplômé de l’Université des Arts Cinématographiques «Konrad Wolf» à Babelsberg. Il a réalisé plusieurs courts-métrages et des documentaires. Les films d’Idrissou ont été vus à travers le monde. Largement passés en revue par la presse professionnelle, académique et populaire, ses films sont aussi l’objet de diffusions universitaires, en Europe et aux Etats-Unis. «Si-Gueriki, la Reine-mère ; 62mn» (cinéma du réel 2002, Rotterdam 2003) ; a reçu plusieurs distinctions dont le Bayard d’or du meilleur documentaire au 17ème Festival International du Film Francophone de Namur. «Arlit, deuxième Paris ; 78 mn», (Festival de Berlin 2005), a notamment reçu le prix du meilleur documentaire au Festival Tricontinental de Milan, le Bayard d’or du meilleur documentaire au 20ème Festival International du Film Francophone de Namur. « Indochine, sur les traces d’une mère ; 71 mn» (Busan International Festival ; 2011» a notamment reçu le Grand Prix du Jury au Festival du film engagé d’Alger 2012, le prix du documentaire au FESPACO 2011. En 2013, Idrissou a été lauréat du prix Prince Claus des Pays-Bas qui récompensent des réalisations exceptionnelles dans le domaine de la culture et du développement. Idrissou fut Professeur Visiteur de Cinéma à L’Université de Duke en Caroline du Nord et a été en résidence d’artiste à l’Université de Cornell, dans l’Etat de New-York. Idrissou habite actuellement à Pittsburgh, en Pennsylvanie aux USA.


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